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Letter 7623

Duchenne, G. B. A. to Darwin, C. R.

25 Mar 1871

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    Gives CD permission to use photographs of expressions.

Transcription

Paris

25 Mars 1871.

Monsieur et très savant maître,

Je suis un des admirateurs de vos magnifiques recherches geologiques et je me sens très honoré de la proposition que vous me faites de mentionner quelques extraits de mon ouvrage sur le mécanisme de la physionomie humaine, dans votre essai sur l'expression dans l'homme et dans l'animal. J'ai voulu rester l'unique propriétaire de mon ouvrage et je n'ai pris d'éditeur que pour éviter les ennuis de l'affaire commerciale. Vous comprenez donc, Monsieur, qu'entre hommes de science là question d'argent ne saurait exister. Choisissez, dans mon album, toutes les figures qui vous conviendront.

En réponse à une question que vous me faites l'honneur de m'adresser sur le triangulaire des lèvres, il résulte de mon observation continue jusqu'à ce jour, que ce muscle est un de ceux qui obeïssent le moins à la volonté; que fonctionellement il se contracte seulement sous l'influence de nausées, de dégout et dans certaines <f>ièvres graves; mais qu'il est un des muscles les plus expressifs et qu'il laisse un cachet presque ineffaçable sur la physionomie; par éxample, chez les gens d'un caractère facheux et dédaigneux, il se contracte habituellement et finissent par l'emporter sur ses antagonistes, il abaisse les commissures labiales; ordinairement, dans ces cas, les fibres concentriques de l'orbiculaire des lèvres s'assoçiant à ce muscle amincissent celles-ci, ce qui est un des signes de méchanceté, et donne alors un caractère spécial de malveillance, cette expression n'est pas représenteé dans mon album.

Associé à la contraction des fibres de l'orbiculaire superficiel des paupierès il exprime un profond dédain (voyez fig  ) le caractère expressif fondamental de son action propre est la tristesse; aussi le voit-on s'associer aux muscles de la douleur, pour exprimer la souffrance morale profonde et resigné (Voyez la figure  ).

Permettez-moi, Monsieur, bien que je me reconnaisse incompétent dans cette question, quelques remarques que j'ai faites sur l'expression de la face du singe avec lequel j'ai vécu pendant près d'une année; qui m'était attaché; il dinait à ma table et aimait beaucoup les friandises. Lorsque je lui en donnais une qu'il connaissait; je remarquais une expression de satisfaction dans sa physionomie, par une légère élévation de ses commissures labiales; mais lui présentai-je quelque chose d'inconnu, ses sourcils s'élevaient, témoignant une une grande attention, puis prenant entre ses doigts et le pouce cet objet, il le regardait en abaissant ses sourcils qui devenaient rectilignes, ce qui donnait à sa physionomie une expression de réfléxion; ensuite après l'avoir examiné quelque temps, le grattant avec l'autre main et le sentant, il élevait tout à coup son sourçil et renversait un peu la tête en arrière comme pour regarder en haut et faire appel à ses souvenirs  Après ce manège il se décidait à gouter; si cela lui plaisait, il y avait sur sa face une manifestation de satisfaction. Dans le cas contraire, il rejetait l'objet en faisant une grimace.

En somme, j'ai fait ces observations pendant près d'une année en vivant dans l'intimité de ce moine dont j'avais conquis l'amitié. Je suis convaincu que les mouvements expressifs du sourcil (d'attention et de réflexion) que je viens de décrire, sont naturels chez le singe, et qu'ils ne sont pas le résultat de l'imitation. En est-il de meme dans les autres espèces?— Si vous faites usage de ces remarques veuillez bien dire qu'elles me sont personnelles.

Recevez Monsieur l'assurance des Sentiments les plus distingués de votre tout dévoué | Dr Duchenne (de B

Translation

Paris

25 March 1871.

Dear Sir and most learned master,

I am one of the admirers of your magnificent geological research and I feel very honoured by your proposal to mention some extracts from my work on the mechanism of human physiognomy, in your essay on expression in man and animal. I wanted to remain the sole proprietor of my work, and I only took a publisher so as to avoid the bother of the commercial side. So you will understand, dear Sir, that between men of science the question of money cannot exist. Choose all the figures you like from my album.

In reply to a question which you have done me the honour of sending me on the triangular of the lips, my continuous observation up till now shows that this muscle is among those least subject to the will; that functionally it only contracts under the influence of nausea, disgust and certain serious fevers; but that it is one of the most expressive muscles and that it leaves a virtually ineffaceable mark on the physiognomy; for example, among people of an irritable and contemptuous character, it habitually contracts and ends by predominating over its antagonists. It lowers the labial commissures (ordinarily, in such cases, the concentric fibres of the orbicular muscle of the lips unite with that muscle to thin the lips, which is one of the signs of ill-nature), thus conferring a special character of malevolence; this expression is not represented in my album.

When allied to the contraction of the fibres of the upper orbicular muscle of the eyelids, it expresses a profound disdain (see fig  ) The fundamental expressive character of its specific action is sadness; so one finds it allied to the muscles of grief to express profound and resigned moral suffering (See figure  ).

Allow me, dear Sir, even though I acknowledge my incompetence on this matter, to transmit some remarks I have made on the expression on the face of a monkey with which I lived for nearly a year; who was attached to me; he would dine at my table and loved tidbits. When I gave him one that he knew, I would remark an expression of satisfaction on his physiognomy, through a slight elevation of his labial commissures; but if I presented him with something unknown, his eyebrows would rise, demonstrating great attention, then taking the object in question between his fingers and thumb, he would look at it while lowering his eyebrows, which became rectilinear, giving his physiognomy an expression of reflection; then after having examined it for some time, scratching it with the other hand and sniffing it, he would suddenly raise his eyebrows, tilting his head slightly backward as if to gaze upwards and draw upon his memories  After this performance he would decide to taste it; if it pleased him, there would be manifest satisfaction on his face. In the opposite case, he would reject the object with a grimace.

In short, I carried out these observations for nearly a year while living in intimacy with this monk whose friendship I had won. I am convinced that the expressive movements of the eyebrow (of attention and reflection) which I have just described, are natural to monkeys, and that they are not the result of imitation. Is it the same in other species?— If you make use of these please say that they are my personal remarks.

Please accept, dear Sir, the assurance of the Regards of yours truly | Dr Duchenne (de B

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    f1 7623.f1
    For a translation of this letter, see Correspondence vol. 19, Appendix I.
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    f2 7623.f2
    See letter to G. B. A. Duchenne, about 10 March [1871] and n. 2. Duchenne refers to CD's research for Expression and to Duchenne 1862.
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    f3 7623.f3
    See letter to G. B. A. Duchenne, about 10 March [1871].
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    f4 7623.f4
    Duchenne evidently intended to refer to an illustration in Duchenne 1862, but the figure has not been identified.
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    f5 7623.f5
    The figure has not been identified.
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    f6 7623.f6
    In Expression, pp. 133 and 145, CD described the expressions of Duchenne's monkey when given a treat or trying new foods.
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    f7 7623.f7
    De B: de Boulogne. Duchenne was born in Boulogne-sur-Mer (DBF).
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